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Cet expert du recyclage voulait savoir où finirait son vieux rasoir

Robin Ingenthron est un expert du recyclage originaire du Vermont, aux États-Unis. Quand il a estimé que son rasoir électrique avait fait son temps, il a eu envie de savoir où il allait atterrir. Il a dressé le compte rendu de son enquête sur son blog.

« Je me suis rasé la barbe pendant des années avec un rasoir Braun que ma mère m’avait offert à Noël. J’ai remplacé la tête de rasage deux fois (on peut en commander séparément sur Internet : génial !). C’est un appareil rechargeable. Et même si je le laissais généralement branché sur le secteur jour et nuit, quand je partais en voyage, la batterie tenait encore quelques jours, suffisamment pour les 60 secondes dont j’ai besoin pour me raser. Mais bon, la tête de rasage a rendu l’âme pour la troisième fois et j’ai envie de savoir ce qu’il adviendra si je m’en débarrasse.

Si je ne remplace pas la tête de rasage, en théorie, quelqu’un d’autre pourrait le faire. Dans un pays plus économe que le nôtre – par exemple en Afrique –, mon rasoir pourrait se voir offrir une nouvelle vie. Il devrait néanmoins y faire face à de nombreux concurrents asiatiques moins chers. Je doute également que les têtes de rasage soient faciles à dénicher en Afrique… »

Made in Germany

« Qui plus est, mon occasion ne pourra sans doute pas quitter facilement le pays en toute légalité. Le minuscule circuit imprimé et la batterie rechargeable figurent, en effet, sur la liste des déchets électro qui ne peuvent pas être exportés aisément. Recycler mon rasoir ? Vu la quantité de cuivre, j’imagine que le recyclage vaut la peine, surtout quand on sait quel effort serait nécessaire pour extraire la même quantité du minerai.

Imaginons que mon rasoir réussisse malgré tout à quitter le pays via un circuit de recyclage non officiel. Où finirait-il ? Il pourrait être racheté par un petit négociant en déchets comme on en voit par exemple sur le marché aux puces de Goma, au Caire. Ce genre de marché voit circuler toutes sortes d’appareils électro d’occasion, y compris des interrupteurs muraux pêchés dans des déchets de construction quelque part en Europe. Le ‘Made in Germany’ y est plus prisé que l’électro chinois. Cette piste ne me semble donc pas si irréaliste. J’imagine mon ancien Braun mis en vente sur une couverture jonchée d’autres gadgets d’origine mystérieuse. Dans ce scénario, je risque néanmoins de perdre la trace de mon rasoir par la suite. Ce serait dommage…

Autre possibilité : mon rasoir pourrait finir sur un feu de câbles en cuivre dans cette célèbre décharge de déchets électroniques au Ghana, où les enfants récupèrent les métaux précieux. L’incinération du plastique n’a déjà rien de bon, mais les brasures de plomb ruisselant sur les cendres sont sans doute encore pires… La batterie rechargeable au lithium aurait quant à elle plus de valeur sur le marché des ‘vieux fers’. Donc, si le recycleur connaît son métier, il ne la jettera pas au feu. »

Une violente chute ?

« On pourrait se demander dans quelle mesure ce type de recyclage est moins nocif que l’alternative appelée extraction du cuivre. À juste titre, d’ailleurs. Si les mines de cuivre menacent l’habitat de l’orang-outan, comme c’est le cas à Bornéo, on ne s’en sort peut-être pas plus mal au Ghana. Mais tout n’est bien sûr pas rose dans cette pratique qui consiste à expédier les déchets électro par bateau pour que le ‘recyclage’ soit effectué via le circuit non officiel local.

Quelle serait l’alternative ? Imaginons que mon rasoir ne finisse pas sur une couverture de marché aux puces, mais dans un centre de recyclage local sérieux qui le ferait démonter à la main.

Une violente chute sur un sol en béton ou dans un récipient métallique pourrait suffire à désolidariser le plastique. Il faudrait ensuite un coupe-câble pour détacher le circuit imprimé, le fil de cuivre et le cadre en acier et les trier. Le circuit imprimé pourrait être envoyé dans un centre de traitement spécialisé au Japon ou en Belgique.
On peut ainsi rendre l’acier immédiatement réutilisable comme matière première, de même que le cuivre qu’il est possible de détacher manuellement de sa gaine en plastique.Ce procédé permettrait d’économiser sérieusement sur l’incinération de la ferraille et le transport.

Mais ces scénarios supposent que mon rasoir quitte le pays. Ne pourrait-il pas être démonté aux États-Unis ? Bien sûr que si, mais dans ce cas, il n’est pas impossible qu’il passe simplement dans une déchiqueteuse chez un ferrailleur. […] De nombreux états américains se contentent d’un recyclage mécanique.

Reste une dernière possibilité : renvoyer mon fidèle rasoir à Braun… et laisser au fabricant le soin de choisir – parmi les options ci-dessus ? – le meilleur scénario de recyclage. »

Recupel propose heureusement de meilleures options en Belgique. Vous n’avez même pas besoin d’apporter les appareils que vous souhaitez jeter au parc à conteneurs. Il suffit de les déposer dans les Points de Recyclage installés dans de nombreux magasins proches de chez vous (supermarchés, magasins d’électro, magasins de bricolage et centres commerciaux). Si vous y déposez votre ancien rasoir, soyez sûr qu’il sera recyclé de manière optimale.

 

Photo: Mk2010, Wikimedia Commons.

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